Les publications des équipes françaises

 

Registre France 2 (French Aortic National Corevalve and Edwards Registry)

Le registre France 2 représente la plus importante base de données portant sur l’implantation des valves aortiques percutanées (TAVI) chez des patients à haut risque. Cette étude exhaustive a inclus tous les patients ayant bénéficié d’un TAVI entre janvier 2010 et janvier 2012, dans 34 centres en France et à Monaco. Les 4 100 patients traités par TAVI étaient porteurs d’une sténose aortique sévère avec un risque chirurgical élevé. Le registre France 2 a été réalisé sous l’égide de deux sociétés savantes : la Société Française de Cardiologie et Société Française de Chirurgie Thoracique et Cardiovasculaire.

Valeur pronostique de la FA chez des patients implantés d’une valve aortique percutanée : une sous-étude du Registre France 2

1959 patients implantés d’une valve aortique par voie percutanée ont été inclus dans une sous-étude du registre France 2. Les patients âgés de 83 ans en moyenne étaient tous à haut risque comme en atteste un EuroSCORE logistique calculé à 21,8 %. L’implantation des valves aortiques percutanées a été réalisée selon deux approches : la voie transfémorale et transapicale. Sur les 1959 patients implantés, 149 (7,6 %) ont développé un épisode de FA.

Les résultats ont mis en évidence deux facteurs de risque (l’âge avancé et la survenue d’une hémorragie majeure engageant le pronostic vital) indépendamment associés à une augmentation de l’incidence de la FA. Notons que le développement d’une FA est un facteur indépendant prédictif de la mortalité à 30 jours et à un an. Il apparaît que les cas d'hémorragie mettant en danger la vie du patient sont plus fréquents quand la voie transapicale est utilisée.

Source : A. Furuta et al. Prognostic value of new onset atrial fibrillation after transcatheter aortic valve implantation: A FRANCE 2 registry substudy. International Journal of Cardiology. Mai 2016


Les derniers résultats du registre France 2

Les derniers résultats de France 2 portent sur une cohorte de 4201 patients. Le statut vital était disponible pour 97 % des patients. La voie transfémorale a été choisie dans 73 % des cas, la voie transapicale dans 18 % des cas, la voie sous-clavière dans 6 % des cas et les voies transaortique ou transcarotidienne dans 3 % des cas. Le statut vital était connu pour 97 % des patients dont le suivi a porté sur une durée de 3 ans.

En analyse multivariée, les facteurs prédictifs de décès à 3 ans sont :
- le sexe masculin,
- un faible IMC,
- l’existence d’une FA,
- la dialyse,
- une classe NYHA III ou IV,
- un EuroSCORE logistique élevé,
- une approche transapicale ou sous-clavaire,
- l’implantation d’un pacemaker permanent,
- les régurgitations aortiques post-procédurales.
Le gradient, la surface valvulaire et les régurgitations résiduelles aortiques sont restés stables au cours de ce suivi.

La plupart des évènements graves selon les critères VARC (Valve Academic Research Consortium) surviennent principalement durant le premier mois puis, par la suite, chez moins de 2 % des patients/an. Cette étude nous montre également qu’à 3 ans, la mortalité toutes causes confondues est de 42 %, bien supérieure à la mortalité cardiovasculaire qui n’est que de 17,5 %.

Source : M. Gilard et al. Late Outcomes of Transcatheter Aortic Valve Replacement in High-Risk Patients. Journal of the American College of Cardiology. Octobre 2016


Données du registre ORBI : administration pré-hospitalière d’héparine non fractionnée, d’énoxaparine ou de bivalirudine chez les patients souffrant d’un syndrome coronaire aigu (SCA) avec sus-décalage du segments ST (ST+) et traités par angioplastie primaire (AP)

L’objectif de cette étude était de comparer la sécurité et l’efficacité de l’administration pré-hospitalière de trois traitements anticoagulants chez des patients présentant un SCA ST+ et traités par AP. Les trois anticoagulants testés ont été : l’héparine non fractionnée (HFN) à faible dose (+/- anti-glycoprotéines IIb/IIIa, l’énoxaparine (+/- anti-glycoprotéines IIb/IIIa) et la bivalirudine.

Ont été inclus dans cette étude un total de 1720 patients (âge moyen 62 ans, 79 % d’hommes) ayant reçu un anticoagulant injectable dans une ambulance médicalisée, avant d’être traités par angioplastie primaire.
Les critères principaux étaient la survenue :
- d’un incident cardiovasculaire majeur intra-hospitalier (avec un ensemble d’indicateurs tels que la mortalité toutes causes, l’infarctus du myocarde non mortel, l’AVC et la thrombose de stent)
- d’une hémorragie majeure.
24 % des patients ont reçu de l’HFN, 68 % de l’énoxaparine et 8 % de la bivalirudine. Les taux d’incidents cardiovasculaires majeurs étaient à peu près similaires dans les différents groupes : 7,4 % avec l’HFN, 6 % avec l’énoxaparine et 7 % avec la bivalirudine. Même constat avec les hémorragies majeures qui sont apparues chez 1,7 % des patients sous HFN, 1.4 % sous énoxaparine et 1,5 % sous bivalirudine.  En analyse multivariée, l’anticoagulant utilisé en pré-hospitalier n’était pas un facteur prédictif indépendant d’un incident cardiovasculaire ou d’un saignement majeur.

Cette étude prospective a montré que les taux d’évènements cardiovasculaires majeurs ou de saignements majeurs étaient similaires chez les patients traités par AP pour SCA ST+, quel que soit l’anticoagulant choisi.

Source : V. Auffret et al. Efficacy and safety of prehospital administration of unfractionated heparin, enoxaparin or bivalirudin in patients undergoing primary percutaneous coronary intervention for ST-segment elevation myocardial infarction: Insights from the ORBI registry. Archives of Cardiovascular Diseases. Décembre 2016

 

Un réseau invisible au secours du coeur

Selon une étude de l'Inserm parue dans la revue "Circulation", le système lymphatique cardiaque pourrait jouer un rôle majeur dans les maladies cardiovasculaires.
En analysant le réseau lymphatique du coeur chez le rat, les chercheurs ont révélé que ce réseau était fortement altéré après un infarctus du myocarde. A l'aide d’une biothérapie basée sur l'injection de microparticules innovantes, ils sont parvenus à régénérer des vaisseaux lymphatiques de manière ciblée. "Le traitement administré aux rats accélère la réponse lymphangiogénique cardiaque post infarctus et améliore le drainage lymphatique du coeur en 3 semaines. Il a comme effet direct une diminution de l’oedème, de l’inflammation et de la fibrose cardiaques." explique Ebba Brakenhielm, chargée de recherche à l'Inserm.

Source : Henri O. et al, Circulation, 12 avril 2016

 

Avancées génétiques majeures dans la compréhension du prolapsus de la valve mitrale

Les chercheurs français viennent de faire des avancées considérables dans la compréhension des mécanismes moléculaires du prolapsus valvulaire mitral. Les résultats viennent d’être publiés dans la prestigieuse revue Nature Genetics par les équipes du Pr Xavier Jeunemaître et du Pr Albert Hagège de l’Hôpital européen Georges-Pompidou (AP-HP), associées aux équipes INSERM UMR 970 de l’Université Paris-Descartes et à l’Institut du thorax. Ces équipes ont identifié pour la première fois plusieurs gènes de susceptibilité à la forme commune du prolapsus valvulaire mitral, source de troubles du rythme cardiaque ou d’insuffisance cardiaque.

Lire la suite

Source :
- Dina et al. Nature Genetics. 24 août 2015, annexe
- Durst et al. Nature. 10 août 2015

 

Maladie de Fabry : état des lieux

La maladie de Fabry est une maladie génétique rare liée au chromosome X, causée par un  déficit en α-galactosidase A, une enzyme lysosomale. Ce déficit enzymatique provoque une  accumulation de glycosphingolipides dans l’organisme et se caractérise par des symptômes neurologiques, dermatologiques, rénaux, cardiovasculaires, cochléo-vestibulaires et cérébro-vasculaires.

Source : Hagège AA. et al, Heart, 30 mai 2015

 

Un nouveau regard sur les pathologies mitrales

Le prolapsus mitral est un trouble du fonctionnement de la valve mitrale, qui touche 2 à 5 % de la population globale. Il représente la cause principale d’insuffisance mitrale organique relevant d’une chirurgie cardiaque. Certaines formes de prolapsus mitral peuvent être héréditaires...

Source : Hagège AA. et al, Circ Cardiovasc Imaging, 10 mai 2015

 

Passer d’un AVK à un AOD est sans risque

Selon une étude parue dans «The Lancet Haematology», les patients initialement traités par AVK qui passent à un traitement par AOD (dabigatan et rivaroxaban) ne montrent pas d’excès de risque hémorragique ou  thrombotique artériel.

Réalisée par l’ANSM et la CNAMTS, cette étude a permis d’établir qu’il n’y avait pas d’augmentation de risque d’événement hémorragique sévère, d’AVC ischémique, d’embolie systémique ou d’infarctus du myocarde chez les patients qui passent d’un AVK à un AOD comparés à ceux qui restent sous AVK.

Cette étude a été réalisée durant les 90 premiers jours de traitement. Selon les auteurs, un suivi plus long prenant en compte l’observance des traitements sera nécessaire pour préciser la balance bénéfice/risque des AOD "en vie réelle".

Source : The Lancet Haematology, publication en ligne du 2 avril

 

Les arrêts cardiaques plus fréquents dans les gares parisiennes

Les arrêts cardiaques sont plus fréquents dans les gares parisiennes que dans tout autre lieu de la capitale, y compris les zones très peuplées. C’est ce que montre une équipe Inserm qui a référencé et géolocalisé tous les cas survenus sur la voie publique entre 2000 et 2010.

Les auteurs « suspectent le rôle du stress physique et psychologique généré par les déplacements et les transports », précise l'Inserm sur son site internet. Selon Eloi Marijon, « Il faudrait renforcer la présence des défibrillateurs dans ces lieux plutôt que chercher à l’homogénéiser dans tous les quartiers de la capitale. Et bien sûr, il faut continuer à sensibiliser le grand public à l’utilisation de ces appareils encore trop rarement utilisés en cas de problème".

Source : E. Marijon et coll. Population Movement and Sudden Cardiac Arrest Location. Circulation, édition en ligne du 11 mars 2015